Maille anglaise : guide complet tricot et bijoux

Juliette Roux Juliette Roux • Publié le 9 octobre 2026 • 8 min de lecture

La maille anglaise désigne deux réalités distinctes : en tricot, il s’agit d’une technique de côtes élastiques et épaisses, très appréciée pour les pulls et écharpes ; en bijouterie, c’est un type de chaîne aux maillons ovales entrelacés. Cet article traite principalement des côtes anglaises au tricot, avec une section dédiée à la chaîne maille anglaise en joaillerie.

La maille anglaise en bref

Le terme maille anglaise souffre d’une vraie polysémie du terme qui peut désorienter. En tricot, il renvoie aux côtes anglaises, un point structuré créant un tissu épais et réversible. En bijouterie, il désigne une chainette métallique à maillons ovales caractéristique.

À retenir

  • Côtes anglaises (tricot) : technique de côtes élastiques à glissement de maille, double-face
  • Chaîne maille anglaise (bijouterie) : chaîne à maillons ovales entrelacés alternativement
  • Cet article développe principalement la technique tricot
  • La section bijouterie se trouve en bas de page pour les lecteurs concernés

Côtes anglaises, fausses côtes, brioche : les différences

Trois techniques se ressemblent visuellement mais se construisent différemment. Comprendre leurs spécificités évite les erreurs de choix avant de démarrer un projet.

TechniqueConstructionRendu visuelNiveau
Côtes anglaisesAlternance m.end./m.env. avec glissement de mailleRelief épais, double-face, très élastiqueDébutant avancé
Fausses côtesAlternance m.end./m.env. sans glissementRendu similaire, moins épais, moins élastiqueDébutant
Côtes briocheJeté avant chaque glissement de mailleAspect gonflé, très texturé, alvéolaireIntermédiaire

Les côtes anglaises classiques définies

Les côtes anglaises reposent sur une alternance rang endroit / rang envers, combinée au glissement systématique de la première maille de chaque rang. Ce mécanisme crée un relief double-face : l’endroit et l’envers du tricot se ressemblent.

Le résultat est un tissu élastique et épais, idéal pour les poignets de pulls, les écharpes volumineuses ou les bonnets. L’alternance rang après rang construit progressivement des colonnes bien marquées, caractéristiques de ce point.

Fausses côtes anglaises, un rendu similaire

Les fausses côtes anglaises imitent l’aspect visuel des côtes anglaises sans recourir au glissement de maille. La construction repose uniquement sur l’alternance maille endroit et maille envers, sans étape supplémentaire.

  • Elles conviennent mieux aux débutants : moins d’étapes à mémoriser par rang
  • La texture est légèrement moins épaisse et moins élastique que les vraies côtes anglaises
  • Le rendu reste très proche visuellement, surtout sur les petits projets

La côte brioche, variante avancée

La côte brioche se distingue par l’ajout d’un jeté avant glissement : avant de glisser chaque maille, on passe le fil devant l’aiguille. Ce geste supplémentaire crée un tissu plus gonflé et plus alvéolaire que les côtes anglaises classiques.

  • Niveau intermédiaire requis : la gestion du jeté demande de la régularité
  • Projets typiques : écharpes épaisses, bonnets texturés, snood
  • Le rendu est distinct des côtes anglaises : plus moelleux, moins nervuré

Matériel et niveau requis pour débuter

Les côtes anglaises au tricot s’adressent aux débutantes ayant déjà tricoté quelques rangs. Un bon choix de matériel facilite considérablement l’apprentissage et évite les erreurs les plus fréquentes.

  • Aiguilles à tricoter droites, taille 5 à 6 mm recommandée pour débuter
  • Laine épaisse (100 à 200 g / 100 m) : les mailles sont bien visibles et faciles à compter
  • Fil uni de couleur claire : les côtes apparaissent mieux qu’avec un fil foncé ou chiné
  • Marqueurs de mailles : utiles pour repérer les sections de motif
  • Compte-rangs : indispensable pour ne pas perdre le fil des rangs
  • Aiguille à laine : pour rentrer les fils en finition

Éviter les fils très fins (difficiles à manipuler) et les fils fantaisie ou bouclés (les mailles deviennent illisibles). Un mauvais choix de matériel est la première cause d’abandon chez les apprenantes.

Tutoriel côtes anglaises étape par étape

Ce tutoriel suit une progression logique en quatre étapes, du montage des mailles au rabattage final. Avant de commencer, voici les abréviations utilisées dans les instructions étape par étape :

  • m.end. = maille endroit
  • m.env. = maille envers
  • gl. = glisser la maille sans la tricoter

Monter les mailles de départ

Pour un échantillon de pratique, monter un nombre de mailles multiple de 2 (par exemple 20 mailles). Utiliser le montage classique à deux aiguilles, méthode que la plupart des débutantes connaissent déjà.

  1. Faire une boucle coulissante sur l’aiguille gauche
  2. Monter les mailles une par une en veillant à maintenir une tension du fil régulière
  3. Vérifier que les mailles glissent librement sur l’aiguille sans être ni trop lâches ni trop serrées

Tricoter le premier rang correctement

Le rang 1 pose la structure des côtes anglaises. Chaque geste compte pour la régularité du motif final.

  1. Glisser la première maille de l’aiguille gauche sur l’aiguille droite, sans la tricoter, fil derrière
  2. Tricoter 1 m.end., puis passer le fil devant l’aiguille
  3. Tricoter 1 m.env., puis repasser le fil derrière
  4. Répéter l’alternance m.end. / m.env. jusqu’à la fin du rang

La position du fil (devant pour la m.env., derrière pour la m.end.) est le point technique le plus souvent négligé par les débutantes. Une erreur ici crée des mailles tordues ou des trous involontaires.

Répéter les rangs et construire le motif

Le rang 2 est le miroir exact du rang 1 : glisser la première maille, alterner m.end. et m.env. en inversant les positions (les mailles endroit du rang 1 deviennent envers au rang 2, et inversement).

Après 4 à 5 rangs, les colonnes de mailles commencent à apparaître clairement. Tricoter 10 rangs minimum avant d’évaluer le rendu : le relief caractéristique des côtes anglaises n’est pleinement visible qu’à partir de ce seuil.

Rabattre les mailles en finition

Un rabattage trop serré détruit l’élasticité des côtes. Opter pour un rabattage souple adapté aux côtes élastiques.

  • Méthode classique : rabattre en côtes (tricoter chaque maille selon sa nature avant de la passer)
  • Méthode Jeny’s : technique avancée ajoutant un jeté avant chaque maille pour maximiser la souplesse
  • Utiliser des aiguilles d’un numéro supérieur pour faciliter le passage des mailles

L’élasticité des côtes doit être préservée jusqu’au dernier point. Un bord de rabattage rigide rend le vêtement difficile à enfiler.

Vidéo et ressources pour progresser

maille anglaise — image 2

Certains gestes des côtes anglaises — notamment le glissement de maille et la gestion de la position du fil — se comprennent mieux en vidéo qu’en texte seul. Une vidéo embarquée ou un lien vers une démonstration fiable complète utilement ce guide écrit.

  • Rechercher des tutoriels vidéo sur YouTube avec les termes « côtes anglaises pas à pas »
  • Privilégier les vidéos filmées en gros plan sur les mains, avec narration en français
  • Un schéma téléchargeable des symboles tricot (m.end., m.env., glissement) facilite la lecture des patrons
  • Les communautés en ligne (Ravelry, groupes Facebook tricot) permettent de poster ses réalisations et d’obtenir des retours
  • Des patrons PDF gratuits de premiers projets en côtes anglaises sont disponibles sur plusieurs blogs tricot francophones

Projets concrets utilisant les côtes anglaises

Les côtes anglaises s’intègrent dans une grande variété de projets grâce à leur élasticité et leur épaisseur. Voici les réalisations les plus adaptées selon le niveau de la tricoteuse.

  • Écharpe : premier projet idéal, travail en aller-retour, résultat rapide
  • Bonnet : utilisation fréquente des côtes en bord de bonnet pour le maintien
  • Manchettes : petits accessoires parfaits pour s’entraîner sur un format court
  • Pull à encolure côtes : intégration des côtes anglaises sur les bords structurés

Écharpe et accessoires pour débuter

L’écharpe est le projet d’initiation par excellence pour les côtes anglaises. Le travail s’effectue entièrement en aller-retour, sans montage complexe ni mise en forme.

  • Dimensions typiques : 160 à 200 cm de long, 15 à 20 cm de large
  • Quantité de fil : environ 150 à 200 g pour une laine épaisse (5-6 mm)
  • Manchettes et bandeaux sont des variantes encore plus rapides à réaliser
  • Ces projets courts permettent de maîtriser la régularité avant de passer à un vêtement

Pulls et vêtements avec bordures structurées

Les côtes anglaises s’intègrent naturellement dans les poignets, bas de pull et encolures des vêtements tricotés. Leur élasticité garantit un maintien parfait sans déformation au fil des portés.

La technique se combine facilement avec un corps de pull tricoté en jersey ou en point mouche. Un modèle typique : pull oversize en jersey avec bas, poignets et encolure en côtes anglaises — un classique qui valorise pleinement la technique.

La chaîne maille anglaise en bijouterie

En joaillerie, la chaîne maille anglaise désigne un type de chaîne composée de maillons ovales entrelacés alternativement, créant un assemblage souple et régulier. Ce maillage se distingue nettement des gourmettes (maillons plats torsadés), des chaînes forçat (maillons aplatis et inclinés) ou vénitienne (maillons carrés).

  • Matériaux courants : or blanc, or jaune, argent, parfois plaqué or
  • Usages typiques : collier fin, chaîne de cheville, bracelet délicat
  • Aspect visuel : chaîne fine et aérée, très portée en bijouterie fine

Les lecteurs à la recherche d’une chaîne maille anglaise en bijoux trouveront ce type de pièce chez les joailliers spécialisés, en boutique ou en ligne, en précisant le métal souhaité et le titre (18 carats pour l’or).

Questions fréquentes

Comment reconnaître une véritable maille anglaise ?

Les côtes anglaises authentiques présentent plusieurs critères objectifs :

  • Relief prononcé avec des colonnes bien définies et régulières
  • Aspect identique sur les deux faces du tricot (double-face réel)
  • Épaisseur nettement supérieure aux côtes 2/2 classiques
  • Élasticité transversale très marquée : le tissu s’étire facilement en largeur

Quel fil utiliser pour les côtes anglaises ?

Pour l’apprentissage, privilégier une laine de grosseur moyenne à épaisse (100 à 200 g / 100 m). Les mailles sont plus lisibles, le comptage plus aisé et les erreurs plus faciles à repérer.

  • Laine mérinos ou mélange laine-acrylique : bon rapport qualité-prix, agréable à manipuler
  • Éviter les fils fins (moins de 50 g / 100 m) : trop difficiles à gérer en apprentissage
  • Éviter les fils bouclés ou fantaisie : les mailles deviennent illisibles

Quels matériaux sont nécessaires pour les côtes anglaises ?

Aucun équipement spécial n’est requis au-delà du matériel de tricot classique :

  • Aiguilles à tricoter droites ou circulaires, taille adaptée au fil choisi
  • Fil de laine (voir recommandations ci-dessus)
  • Ciseaux et aiguille à laine pour la finition
  • Marqueurs de mailles (optionnels mais pratiques)

Où acheter une chaîne maille anglaise en bijouterie ?

La chaîne maille anglaise se trouve dans plusieurs circuits selon le budget et la qualité recherchés :

  • Joailleries traditionnelles : conseils personnalisés, garanties sur le métal
  • Bijouteries en ligne spécialisées : large choix de longueurs et de métaux
  • Orfèvres sur mesure : pour une chaîne à dimensions spécifiques

Vérifier le poinçon de garantie, le titre de l’or (18 carats) et la finition des maillons avant tout achat. La chaîne maille anglaise existe en or comme en argent selon les budgets.

Quelle est la différence entre côtes anglaises et fausses côtes ?

Les côtes anglaises utilisent un glissement de maille à chaque rang, ce qui crée un tissu épais, double-face et très élastique. Les fausses côtes anglaises imitent ce rendu par une simple alternance maille endroit / maille envers, sans glissement. Le résultat est visuellement proche mais moins épais et moins élastique. Les fausses côtes conviennent mieux aux débutants.

Juliette Roux

Par Juliette Roux

Je m'appelle Juliette Roux et j'écris ici sur la joaillerie et bijouterie. Mon déclic remonte à un dimanche d'automne, chez ma grand-mère, quand elle a ouvert une petite boîte en cuir pour me confier sa bague d'enfant : un jonc en or jaune poinçonné, fragile, qui portait encore la trace d'un doigt qu'elle n'avait plus. Depuis, les bijoux ne sont pas des objets décoratifs, ce sont des morceaux d'histoire. Je lis des livres d'orfèvrerie, je visite des ateliers, j'écoute les artisans parler de soudure et de sertissage. Ce blog reprend ce que j'apprends, en clair, sans vocabulaire ronflant ni complaisance pour le marketing.

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